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Le Plan
de Relance Régional d’Urgence initié en cette nouvelle
mandature du Conseil Régional est avant tout une réponse
à la situation économique de la Martinique qui s’est
particulièrement dégradée sur les deux dernières
années. Depuis 2008, la Martinique affiche en effet, des indicateurs
qui traduisent une entrée en récession économique
avec une diminution sensible du PIB. Les effets de la crise mondiale
et les évènements de 2009 ont pesé sur une conjoncture
martiniquaise déjà structurellement fragile. L’augmentation
du taux de chômage, qui avoisine désormais les 25 % est
l’indicateur le plus visible de cette dégradation. Le chômage
des jeunes quant à lui s’aggrave passant pour les moins
de 27 ans de 53 à 61 % au cours des deux dernières années.
Face à cette situation, le Plan de Relance Régional d’Urgence
propose de générer à court terme un volume d’affaires,
en particulier, via la commande publique, susceptible d’induire
un retour à l’activité et à l’emploi
conséquent. Dans cette perspective, le Conseil Régional
a bâti un programme partenarial d’opérations qui
a consisté à rendre opérationnels les projets de
travaux des institutions publiques (communes, EPCI, bailleurs et opérateurs
sociaux, Conseil régional,…). Les projets soumis ont été
sélectionnés selon leur capacité à être
rapidement réalisables et surtout à générer
de l’emploi. Cet ensemble d’opérations vise le développement
des équipements de proximité et culturels, le désenclavement
des quartiers, la dynamisation de l’activité économique
des bourgs, la mise en sécurité des populations, la réhabilitation
d’écoles, la mise en place d’infrastructures sportives,…
Ouvrir les portes d’un dialogue nouveau fondé sur le respect
démocratique, dans le cadre d’échanges constructifs
avec les élus, tel est aussi l’un des vecteurs de ce plan
de relance. L’exécutif régional a entamé
dès sa prise de fonction, un « marathon des communes»
afin de rencontrer les acteurs du développement territorial.
Il ressort de cette concertation diverses problématiques locales,
un bouillonnement de projets territoriaux et une ingénierie propre,
véritables fers de lance de cette démarche.
Le Plan de Relance d’Urgence s’articule autour de trois
volets : la commande publique avec les projets des communes et des EPCI,
des bailleurs et opérateurs sociaux ; le soutien conjoncturel
aux entreprises et collectivités ; les projets d’intérêt
régional.
1-
LE VOLET : COMMANDE PUBLIQUE
L’objectif majeur pour l’ensemble de ces projets vise à
développer les activités économiques, commerciales
et artisanales, favoriser les animations, les événements
sur ces territoires afin de revitaliser les centres-bourgs. Ces projets
reposent entre autres sur des aménagements de sites (places...)
et équipements favorisant l’accessibilité (stationnement,
voiries…), la proximité de structures ou de pôles
d’activités (marchés, espaces de ventes…),
les opérations « cœur de village »…
Le Conseil régional a pris en compte des projets portés
par les collectivités du pays : Communes, Région, Département,
Etablissements Publics de Coopération Intercommunale (EPCI) autrement
dit les Communautés d’Agglomération et de Communes,
bailleurs et opérateurs sociaux… Des projets qui répondent
à des critères parmi lesquels :
- un niveau d’avancement techno-financier permettant un lancement
rapide et immédiatement visible. Le succès du plan de
relance d’urgence repose en effet sur des projets bien ciblés.
Ces projets doivent être parfaitement identifiables, techniquement
réalisables (foncier disponible…) avec un délai
de réalisation se situant dans le court terme (six mois à
deux ans et demi). Les procédures et le financement de chaque
projet devant être maîtrisés ;
-
une valeur ajoutée permettant d’influencer sensiblement
à la hausse, l’emploi et les indicateurs les plus courants
d’évaluation d’activité économique
;
- une recherche d’un meilleur équilibre dans la répartition
des projets sur le territoire.
La recherche d’un développement harmonieux et équilibré
du territoire
Il s’agit également de rechercher à travers cette
initiative, à la fois un rééquilibrage sur le plan
géographique, mais aussi et l’organisation de nouvelles
formes de solidarité entre collectivités.
Environ 270 projets ont ainsi été retenus
pour l’ensemble des 34 communes et des EPCI pour un montant total
de 208 076 126 € avec une participation pour :
- les communes ou EPCI de : 52 961 318 €
- la Région de : 73 783 875 €
- les autres financeurs de : 81 330 933 €
Concernant
le logement social, les opérations de logements neufs
bloqués à cause de surcharges financières rendant
leur viabilité économique impossible ont été
ciblés et seront rendus opérationnels par une compensation
de ces coûts par la Région. Près de 300 logements
neufs sont concernés. La Collectivité participera aussi
aux côtés de la SIMAR à un grand chantier concernant
la réduction de la vulnérabilité sismique de programmes
anciens (ensembles des années 60/70).
Toujours concernant le volet logement, une refonte totale de l’accès
aux aides type : Aide à l’Amélioration de l’Habitat
et Logement Evolutif Social est en cours afin de permettre la mise en
chantiers de centaines de projets en attente depuis plusieurs années.
L’aide apportée aux bénéficiaires concernés,
essentiellement des personnes âgées et des sinistrés
du cyclone DEAN, leur permettra de boucler des plans de financement.
Ce volet donnera lieu à un chapitre spécial du Plan de
Relance régional d’Urgence qui sera présenté
à la toute prochaine plénière. Ce plan se monte
à environ 5 millions d’euros et fera l’objet de l’établissement
d’une convention partenariale d’objectifs avec les opérateurs
sociaux. 700 foyers minimum sont concernés.
Un volet audacieux de désenclavement de terres agricoles
:
Dès cette année 2010, plusieurs projets de désenclavement
de terrains agricoles sont pris en compte dans le plan de relance d’Urgence
pour une participation régionale de 1 001 854 euros.
2-LE
VOLET : SOUTIEN CONJONCTUREL AUX ENTREPRISES ET AUX COLLECTIVITES
Un soutien conjoncturel aux entreprises
Le Plan de Relance repose également sur un certain nombre de
dispositifs déterminants pour le soutien et l’accompagnement
des entreprises :
- le Prêt à Taux Zéro du Plan de relance
d’urgence. Le champ en est élargi (en termes de
bénéficiaires et d’opérations). L’objectif
est de constituer une possibilité de trésorerie pour les
entreprises de petite taille. Il propose aux unités de dimension
réduite, une possibilité de financement à court
terme pour de petits investissements nécessaires au démarrage
ou redémarrage de l’activité productive.
- la mise en œuvre de mesures d’accompagnement portant sur
l’Aide à l’Emploi, avec la modification
de la délibération 08-786-1 du 17 juin 2008, relative
au dispositif d’accompagnement technique et financier des entreprises
à la Martinique. Il s’agit également d’élargir
les conditions d’attribution d’Aide à l’Emploi
afin de favoriser l’embauche de salariés supplémentaires
pendant la période du plan de relance. Cette mesure constitue
une autre facette du versant « offre » du Plan de relance
d’urgence ;
- l’Aide aux Entreprises en Difficulté
avec la modification de la délibération 08-786-1 qui vise
là-aussi à élargir les conditions d’attribution
de l’Aide aux Entreprises en difficulté, dans le contexte
de crise économique et financière. La mesure consiste
à compléter les deux fonds qui structurent l’Aide
aux Entreprises en Difficulté (Fonds de Reconstitution du Fond
de Roulement et Fonds de Modernisation) par un troisième, intitulé
« Fonds de relance ».
- LA PLATE-FORME ITINERANTE, phase expérimentale
de la Maison Régionale de l’Entreprise. Ce dispositif partenarial
qui réunira trois fois par mois pendant le dernier trimestre
2010, dans un lieu central de différentes communes, l’ensemble
des partenaires financiers, sociaux, publics et parapublics proposera
aux entreprises un diagnostic pour des mesures adaptées pouvant
améliorer leur situation. Il s’agit pour la Région
d’offrir les meilleures conditions de rapprochement des entreprises
avec leurs partenaires.
Le premier déplacement de cette Plate Forme Itinérante
est prévu le 9 septembre prochain à Saint-Pierre et concernera
toutes les communes de la proche région pierrotine.
Un soutien conjoncturel aux communes
Pour tenir compte des effets de la crise sur les budgets de communes,
le Conseil Régional a souhaité porter une contribution
sous la forme d’une dotation en fonctionnement. Pour mémoire,
pas moins de 36 millions d’euros de perte de recettes d’octroi
de mer est à enregistrer pour 2009.
Ce soutien repose sur les deux axes suivants :
- le soutien exceptionnel aux communes pour leur contribution
obligatoire au Service Départemental d’Incendie et de Secours
(SDIS).
Le montant global de l’aide pour les 34 communes est de 4,85
M soit 50 % de leur contribution annuelle 2010.
- l’aide aux communes pour la mise en œuvre de politiques
de cohésion sociale. Ces projets devront permettre d’aider
le tissu associatif à développer des actions concourant
au «mieux vivre ensemble» : prévention
de la délinquance, actions envers les séniors, lutte contre
l’exclusion, actions d’insertion, soutien aux contrats aidés
(type adultes-relais, CAE et CAE Dom). Cette aide peut concourir au
financement de partenariat de dispositifs tels : CUCS, Projets de Ville,
CLSPD,….
Le montant global de l’enveloppe accordée à ces
projets est de : 3 Millions d’Euros
Lors
de son assemblée plénière du 20 juillet 2010, le
Conseil Régional a adopté au budget supplémentaire
des crédits à hauteur de 27 400 000 € afin de mettre
en œuvre la tranche la plus immédiatement réalisable
des travaux du chapitre Commande Publique (entre juillet et décembre
2010).
Ces crédits 2010 se répartissent ainsi :
Volet
1 : Commande publique
- communes et EPCI
- logement (bailleurs et opér. sociaux) |
15
000 000 €
900 000 € |
Volet
2 : Soutien conjoncturel
- entreprises
• insertion - apprentissage
• Prêt à taux Zéro
-
communes
• contribution pour SDIS
• action de cohésion sociale |
3
000 000 €
500 000 €
5 000 000 €
3 000 000 €
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3-LE
VOLET : PROJETS D’INTERET REGIONAL
Ces projets concernent des actions structurantes pour le futur de la
Martinique. Ils portent également sur des études, des
perspectives qui permettront à la Région de conforter
et de dynamiser d’autres programmes d’actions et d’innovation.
Ces projets concernent :
- le lancement de l’étude globale de développement
de la Martinique pour la décennie à venir,
-
la création ou la participation déterminée à
des initiatives de création d’une dizaine de Zones
d’Activités Economiques en particulier dans le
Nord Caraïbe ;
-
la mise en opérationnalité des Espaces d’Aménagement
Touristiques annoncés dès 1999 dans le SDAT (Schéma
de Développement et d’Aménagement Touristique).
Ces projets essentiels à une meilleure offre en termes de produits
touristiques n’ont pas connu, à ce jour, de véritable
mise en œuvre.
- Des études ouvertes sur diverses thématiques
: le pôle mer, le terminal de Croisière de Saint-Pierre,
la protection du Littoral (Anse Figuier, Carbet, …). Mais aussi
trois priorités de la mandature régionale : le
Plan Air Climat Energie et la mise en œuvre de stratégies
pour l’innovation et le numérique. Ces
études rendues essentielles pour affronter les défis du
3ème millénaire.
LE PLAN DE RELANCE : UN PARTENARIAT FORT
L’exécutif régional a souhaité pour ce projet
de développement qu’il s’inscrive dans une démarche
collective afin d’offrir à la fois une meilleure chance
de réduction du chômage endémique et permette d’offrir
une meilleure image du territoire. Les maires et représentants
des EPCI se sont donc engagés à accompagner ce plan de
relance sur divers points :
-
un soutien à la filière de l’apprentissage avec
l’accueil de manière directe ou indirecte des apprentis
pour une meilleure optimisation du plan de relance de l’apprentissage,
à travers les CFA Agricole, Tertiaire, CFA BTP et CFA CCIM,
qui représente : 658 nouveaux postes d’apprentis
et 15 nouvelles filières. La Région qui participe
autour de plusieurs millions d’euros au fonctionnement de ces
structures, dédiera 500 000 euros supplémentaires pour
financer l’effort 2010 de relance de l’apprentissage :
-
des efforts à la contribution des villes à une meilleure
image de notre destination touristique au travers de dispositions
à prendre ou d’actions à mener pour le ravalement
des façades en centre-bourgs, les campagnes de fleurissement,
l’aménagement des entrées de bourgs, des points
de vue, ainsi que la règlementation de l’affichage réseau
4x3 r…etc.
Les maires réunis à la région samedi dernier ont
à l’unanimité accepté de prendre part à
ce partenariat.
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