6– Le questionnaire rétroprospectif
- RÉTROSPECTIVE
-
1. Au cours des vingt
dernières années, quels ont été,
selon vous, les principaux changements et inerties qui ont
influencé ou caractérisé la Martinique
et son environnement ?
-
LA MARTINIQUE -
Quels
changements ?
Précisez la nature des changements (institutionnels,
organisationnels, économiques, sociaux, technologiques,...)
I-1 :
Les lois de décentralisations constitueraient indiscutablement
l’évènement qui a influencé directement
et indirectement la société martiniquaise
Du point de vue des institutions, elles ont
crées de nouveaux rapports entre élus et administrés
qui n’ont pas toujours été dans le sens
d’une responsabilisation du politique écartelé
dans des considérations électoralistes et dans
une dynamique de projet de société.
Ces lois qui ont en outre nourris tout un
édifice fiscal et social (défiscalisation, transferts
sociaux, exonération diverses, logique de parité
sociale succédant à l’égalité,
simultanéité de mesures de revalorisation salariales
et RMI) encourageaient une logique artificielle de consommation
au détriment du travail et de la production.
Cette situation conjuguée au développement
technologique a créé un terrain favorable où
cohabitent et se développent toutes les forme et les
types de consommation déresponsabilisant le martiniquais
et le coupant de tout les éléments et valeurs
qui fondaient la société (famille, entraide,
respect des aînés, solidarité éducation)
.
Loin de l’Europe et de la France , la Martinique reflète
pourtant tous les revers de ces sociétés dites
développées.
Quelles
inerties ?
Précisez la nature des inerties (institutionnelles,
organisationnelles, économiques, sociales, technologiques,...)
I-1 :
Si ces changements ont générés des bouleversements,
ils ont alimenté des inerties de la société
perceptible dans les rapports des différentes strates
de la société (Etat, collectivités, entreprises
et citoyens)
L’Etat qui n’a jamais pu donner
une impulsion claire jouant sur le terrain tantôt le
rôle d’arbitre tantôt celui de relais d’amis
politiques au point que ses représentants hésitent
de moins en moins à s’afficher ou se revendiquer
ouvertement dans le jeu politique.
Les politiques qui, selon la situation n’hésitaient
pas des alliances de circonstance animé du seul souci
électoraliste et prenant même le risque de stratégies
ouvertement anthropophages.
Les chefs d’entreprises en prenant
conscience de leur pouvoir économique dans un contexte
globale et dans une législation hypocrite sur le financement
des partis politiques s’évertuaient à
cultiver le paradoxe du politique.
Véritables détenteurs du pouvoir, leur prise
de position au nom d’une éthique économique
passéiste n’a d’autre objectif de maintenir
les cartes dans un système profondément mimétique
et qui peu à peu se démuni de ses deux atouts
majeurs : l’identitaire et le culturel.
Les citoyens lassées par les discours
et l’inaction résultant de la somme des ambitions
et aspirations personnelles d’élus dépassés
par une abondance de compétences sans véritable
projet et sans moyens.
Aujourd’hui, cette inertie alimente
les systèmes de gouvernance conjuguant incompétence
et populisme.
- L'ENVIRONNEMENT DE LA MARTINIQUE -
Quels changements vous ont semblé importants ?
Précisez la nature des changements (institutionnels,
organisationnels, économiques, sociaux, technologiques,...)
I-1
:
Paradoxalement, les lois de décentralisation
et les espaces de pouvoirs qu’elles définissaient
constituaient potentiellement (en tout cas sur le papier)
un cadre de changement et d’affirmation majeure de la
société martiniquaise.
En rapprochant les espaces de décisions du citoyen
et en reconnaissant la Martinique propre et distinct de la
France, on pourrait penser que cette nouvelle forme d’administration
contribuerait à l’émergence du pays.
Les changements en dépit des regret
et des manquements manifestes s’apprécient dans
les infrastructures, le surdimensionnement de certaines réalisations
par rapport aux véritables besoins( hôpitaux,
routes, ports et aéroports) les résultats atteints
dans le domaine de la santé, l’éducation
(dans le sens du savoir), la formation et la reconnaissance
historique et culturelle.
L’ensemble des apports en faveur de
l’amélioration des conditions de vie (électrification,
eaux etc…) et de la prise en charge social.
Economiquement, la main mise sur le système
par une minorité a contribué à engluer
la pays dans une économie de « plantation »
de fait où le fonctionnariat et l’émigration
constituait la seul voies de recours ou de résistance.
Sur ce point les changements n’ont pas été
significatif que dans la mesure où tout est encore
tourné vers la satisfaction de besoins importés
financés grâce aux revenus de transferts et soutenu
par un matraquage marketing contrôlé de l’extérieur
et un système bancaire virtuellement présent.
Quelles inerties ?
Précisez la nature des inerties (institutionnelles,
organisationnelles, économiques, sociales, technologiques,...)
I-1
:
Dors, je penserai pour toi ?
mieux je te construirai ton chez toi car je te connais plus
que tu ne saurais l’imaginer !
L’inertie de la Martinique est orchestré et programmé.
Les institutions en place créent l’illusion d’un
pouvoir local.
Cependant la Martinique n’a –à tort ou
à raison- les moyens de son dynamisme.
Le contrepoids effectif de l’administration déconcentrée
qui n’a jamais été aussi présente
dans la sphère décisionnelle pendant la période
précédent la décentralisation..
2. Parmi ces changements,
quels sont ceux que la Martinique a bien anticipés
et ceux qui à l’époque n’avaient
pas été prévus ?
Les changements qui ont été
anticipés :
I-1
:
R.A.S
Les changements qui n'avaient pas été prévus
:
I-1
:
La Martinique a depuis 1981 fait preuve de réelles
capacités d’adaptation.
Les changements survenues résultent pour la plupart
de décisions ou de lois directement transposée
sans véritable étude d’impact.
Même quand elles ont été conçus
pour la Martinique (ex lois de défiscalisation ) on
dénote une réelle capacité d’adaptation
de la société pour à la fois s’approprier
et mettre en œuvre.
Jamais cependant depuis 20 ans , la Martinique n’a eu
à faire face à des changements significatifs
qui ont de façon importante affecter le quotidien ou
les relations sociales.
3. Avec le recul, face à ces changements,
pouvez-vous dire si les réponses apportées par
la Martinique étaient appropriées ou au contraire
inadaptées. Quelles sont les actions qui auraient dû
être entreprises ou réalisées plus tôt
Les réponses appropriées
?
I-1
:
Celles-ci concernent essentiellement le domaine de la santé
et la construction de certaines infrastructures tels les hôpitaux,
les édifices scolaires, la priorité donnée
à la formation
Les réponses inadaptées
(ce qu'il n'aurait pas fallu faire) ?
I-1
:
Elles sont de natures institutionnelles et économiques.
Le morcellement des pouvoirs sur le territoires
: les cinq niveaux d’administration génèrent
une dispersion des énergies et un gaspillage sans précédent
de moyens (financiers, humains et techniques) et encourage
sur un aussi petit territoire une compétition inutile
où l’Etat loin servir d’arbitre est lui
aussi dans la course.
Le citoyen martiniquais est tiraillé dans un enchevêtrement
de compétences et d’ambitions parfois démesurées.
Sur le plan économique, la confession
de Monsieur PONS est révélatrice : la défiscalisation
n’a pas du fait des arbitrage atteint ses objectifs.
Il faudrait d’une loi sur 15 ans au moins alliant mesures
d’exonérations fiscales et sociales pour véritablement
asseoir une esquisse de développement durable du pays.
Quid donc des lois PONS, PERBEN, PAUL et autre GIRARDIN dont
la portée était connu avant même l’adoption
ce qui n’a pas empêcher une majorité de
professionnels et de politiques d’applaudir des deux
mains !
Les actions qui auraient dû être
entreprises ou réalisées plus tôt ?
I-1
:
Réunion des différente forces politiques intégrant
le gouvernement sur la définition d’un projet
de société.
Examen d’un statut propre découlant de ce projet
et distinct de l’organisation administrative de la France
Suppression du mille feuilles pour donner place au plus à
trois niveaux d’administration
Intégrer les cadres martiniquais dans les instances
clés de décision du pays
Recentrer le rôle de l’Etat sur le territoire
en réduisant les structures faisant double emplois.
Redéfinir les conditions d’adoption, de définition,
et de mise en œuvre des outils de programmation.
Suspendre les différents projets de création
de zones commerciales.
Procéder à un moratoire sur le déclassement
des terrains agricoles.
Créer les conditions d’une affirmation de la
production tournée vers la satisfaction du marché
intérieur.
Instaurer des fiscalités spécifiques dédiés
à l’environnement et à la consommation.
Développer le transport maritime grâce en autre
une fiscalité perçue sur les carburants fossiles.
- PROSPECTIVE -
4. A votre avis, quels sont
les principaux changements et inerties qui vont influencer
ou caractériser la Martinique et son environnement
au cours des vingt prochaines années ?
LA MARTINIQUE
Quels changements ?
Précisez la nature des changements (institutionnels,
organisationnels, économiques, sociaux, technologiques,...)
La nouvelles orientations en matière
de politique européenne aura une conséquence
majeure sur la Martinique aujourd’hui enfermée
dans une culture de fonds européens.
En outre l’horizon des APE et le positionnement nouveaux
des pays caribéens influenceront fortement l’attractivité
du territoire.
La Martinique devrait pouvoir affirmer son
avantage tiré de son niveau de développement
apparent dans le domaine de la santé, des TIC et de
la formation de ses élites.
Elle devrait rompre avec l’organisation
administrative actuelle qui ôte toute perspective d’un
véritable leadership au niveau local
Quelles inerties ?
Précisez la nature des inerties
(institutionnelles, organisationnelles, économiques,
sociales, technologiques,...)
Le cadre institutionnel est résolument
dépassé et nécessite dans les 5 -10 ans
à venir un toilettage sauf à courir le risque
d’une implosion sociale et économique.
Sur le plan économique, la réflexion devrait
outre l’embauche prioritaire de martiniquais dans les
fonctions publiques rechercher les voies d’une valorisation
d’un savoir faire et un savoir être rompant avec
la logique de consommation de goûts importés.
Repenser les rapports du martiniquais au
travail en n’hésitant pas à engager des
états généraux du travail et de l’insertion.
Dans le domaine de la sécurité et de la justice,
revenir à une pénalisation plus ferme en prenant
le risque de la co-responsabilité parentale accrue.
- L'ENVIRONNEMENT DE LA MARTINIQUE -
Quels changements ?
Précisez la nature des changements (institutionnels,
organisationnels, économiques, sociaux, technologiques,...)
Trop d’élus. Trop de niveaux
de décisions. Trop de déperdition d’énergie
et de fonds publics.
En face reconsidérer le poids « politiques »
des administrations déconcentrées et à
l’instar de certaines collectivités, créer
les contions d’une véritable expression démocratiques
en donnant à l’élu la responsabilité
de la conduite de la politique.
Quelles inerties ?
Précisez la nature des inerties (institutionnelles,
organisationnelles, économiques, sociales, technologiques,...)
-
5. Parmi ces changements,
ruptures ou inerties, quels sont, par ordre d’importance,
les trois principaux qui vont les plus fortement affecter
La Martinique ?
1) l’organisation administrative du
territoire
trop d’échelons sur un si petit territoire où
l’Etat intervient comme un échelon supplémentaire
2) les nouvelles donnes en matière
de fonds structurels.
La logique de consommation qui semble prendre forme depuis
quelques années devraient aiguiser une réflexion
sur les choix d’investissements prioritaires.
3) l’absence d’un consensus politique
Cette situation résultera de la fin d’une génération
de politiques et d’une surenchère issue de positionnement
personnel d’individus sans véritable idéologie
et populiste.
6. Comment La Martinique se prépare-t-elle
face à ces principaux changements, ruptures ou inerties
?
La Martinique, sur les vingt dernière années,
a géré au fil de l’eau. Les décisions
importantes ont souvent été repoussé
faute de consensus ou dictées par les pouvoirs économiques
surpassant le politique.
Il est à parier, sauf événement majeur,
que cette tendance à l’improvisation, dans le
contexte institutionnel se poursuivra.