Conférence Régionale des Acteurs du Développement

Schéma Martiniquais de Développement Economique
(SMDE)

MARTINIQUE 2025 : le Conseil régional prépare l'avenir


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6– Le questionnaire rétroprospectif

 

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- RÉTROSPECTIVE -

1. Au cours des vingt dernières années, quels ont été, selon vous, les principaux changements et inerties qui ont influencé ou caractérisé la Martinique et son environnement ?

- LA MARTINIQUE -

Quels changements ?
Précisez la nature des changements (institutionnels, organisationnels, économiques, sociaux, technologiques,...)


I-1 :
Les lois de décentralisations constitueraient indiscutablement l’évènement qui a influencé directement et indirectement la société martiniquaise

Du point de vue des institutions, elles ont crées de nouveaux rapports entre élus et administrés qui n’ont pas toujours été dans le sens d’une responsabilisation du politique écartelé dans des considérations électoralistes et dans une dynamique de projet de société.

Ces lois qui ont en outre nourris tout un édifice fiscal et social (défiscalisation, transferts sociaux, exonération diverses, logique de parité sociale succédant à l’égalité, simultanéité de mesures de revalorisation salariales et RMI) encourageaient une logique artificielle de consommation au détriment du travail et de la production.

Cette situation conjuguée au développement technologique a créé un terrain favorable où cohabitent et se développent toutes les forme et les types de consommation déresponsabilisant le martiniquais et le coupant de tout les éléments et valeurs qui fondaient la société (famille, entraide, respect des aînés, solidarité éducation) .

Loin de l’Europe et de la France , la Martinique reflète pourtant tous les revers de ces sociétés dites développées.

Quelles inerties ?
Précisez la nature des inerties (institutionnelles, organisationnelles, économiques, sociales, technologiques,...)


I-1 :
Si ces changements ont générés des bouleversements, ils ont alimenté des inerties de la société perceptible dans les rapports des différentes strates de la société (Etat, collectivités, entreprises et citoyens)

L’Etat qui n’a jamais pu donner une impulsion claire jouant sur le terrain tantôt le rôle d’arbitre tantôt celui de relais d’amis politiques au point que ses représentants hésitent de moins en moins à s’afficher ou se revendiquer ouvertement dans le jeu politique.

Les politiques qui, selon la situation n’hésitaient pas des alliances de circonstance animé du seul souci électoraliste et prenant même le risque de stratégies ouvertement anthropophages.

Les chefs d’entreprises en prenant conscience de leur pouvoir économique dans un contexte globale et dans une législation hypocrite sur le financement des partis politiques s’évertuaient à cultiver le paradoxe du politique.

Véritables détenteurs du pouvoir, leur prise de position au nom d’une éthique économique passéiste n’a d’autre objectif de maintenir les cartes dans un système profondément mimétique et qui peu à peu se démuni de ses deux atouts majeurs : l’identitaire et le culturel.

Les citoyens lassées par les discours et l’inaction résultant de la somme des ambitions et aspirations personnelles d’élus dépassés par une abondance de compétences sans véritable projet et sans moyens.

Aujourd’hui, cette inertie alimente les systèmes de gouvernance conjuguant incompétence et populisme.

 

- L'ENVIRONNEMENT DE LA MARTINIQUE -


Quels changements vous ont semblé importants ?
Précisez la nature des changements (institutionnels, organisationnels, économiques, sociaux, technologiques,...)

I-1 :
Paradoxalement, les lois de décentralisation et les espaces de pouvoirs qu’elles définissaient constituaient potentiellement (en tout cas sur le papier) un cadre de changement et d’affirmation majeure de la société martiniquaise.
En rapprochant les espaces de décisions du citoyen et en reconnaissant la Martinique propre et distinct de la France, on pourrait penser que cette nouvelle forme d’administration contribuerait à l’émergence du pays.

Les changements en dépit des regret et des manquements manifestes s’apprécient dans les infrastructures, le surdimensionnement de certaines réalisations par rapport aux véritables besoins( hôpitaux, routes, ports et aéroports) les résultats atteints dans le domaine de la santé, l’éducation (dans le sens du savoir), la formation et la reconnaissance historique et culturelle.

L’ensemble des apports en faveur de l’amélioration des conditions de vie (électrification, eaux etc…) et de la prise en charge social.

Economiquement, la main mise sur le système par une minorité a contribué à engluer la pays dans une économie de « plantation » de fait où le fonctionnariat et l’émigration constituait la seul voies de recours ou de résistance.
Sur ce point les changements n’ont pas été significatif que dans la mesure où tout est encore tourné vers la satisfaction de besoins importés financés grâce aux revenus de transferts et soutenu par un matraquage marketing contrôlé de l’extérieur et un système bancaire virtuellement présent.


Quelles inerties ?
Précisez la nature des inerties (institutionnelles, organisationnelles, économiques, sociales, technologiques,...)

I-1 :
Dors, je penserai pour toi ?
mieux je te construirai ton chez toi car je te connais plus que tu ne saurais l’imaginer !

L’inertie de la Martinique est orchestré et programmé.
Les institutions en place créent l’illusion d’un pouvoir local.
Cependant la Martinique n’a –à tort ou à raison- les moyens de son dynamisme.
Le contrepoids effectif de l’administration déconcentrée qui n’a jamais été aussi présente dans la sphère décisionnelle pendant la période précédent la décentralisation..

 

2. Parmi ces changements, quels sont ceux que la Martinique a bien anticipés et ceux qui à l’époque n’avaient pas été prévus ?

Les changements qui ont été anticipés :

I-1 :
R.A.S


Les changements qui n'avaient pas été prévus :

I-1 :
La Martinique a depuis 1981 fait preuve de réelles capacités d’adaptation.

Les changements survenues résultent pour la plupart de décisions ou de lois directement transposée sans véritable étude d’impact.
Même quand elles ont été conçus pour la Martinique (ex lois de défiscalisation ) on dénote une réelle capacité d’adaptation de la société pour à la fois s’approprier et mettre en œuvre.
Jamais cependant depuis 20 ans , la Martinique n’a eu à faire face à des changements significatifs qui ont de façon importante affecter le quotidien ou les relations sociales.



3. Avec le recul, face à ces changements, pouvez-vous dire si les réponses apportées par la Martinique étaient appropriées ou au contraire inadaptées. Quelles sont les actions qui auraient dû être entreprises ou réalisées plus tôt

Les réponses appropriées ?

I-1 :
Celles-ci concernent essentiellement le domaine de la santé et la construction de certaines infrastructures tels les hôpitaux, les édifices scolaires, la priorité donnée à la formation


Les réponses inadaptées (ce qu'il n'aurait pas fallu faire) ?

I-1 :
Elles sont de natures institutionnelles et économiques.

Le morcellement des pouvoirs sur le territoires : les cinq niveaux d’administration génèrent une dispersion des énergies et un gaspillage sans précédent de moyens (financiers, humains et techniques) et encourage sur un aussi petit territoire une compétition inutile où l’Etat loin servir d’arbitre est lui aussi dans la course.
Le citoyen martiniquais est tiraillé dans un enchevêtrement de compétences et d’ambitions parfois démesurées.

Sur le plan économique, la confession de Monsieur PONS est révélatrice : la défiscalisation n’a pas du fait des arbitrage atteint ses objectifs.
Il faudrait d’une loi sur 15 ans au moins alliant mesures d’exonérations fiscales et sociales pour véritablement asseoir une esquisse de développement durable du pays. Quid donc des lois PONS, PERBEN, PAUL et autre GIRARDIN dont la portée était connu avant même l’adoption ce qui n’a pas empêcher une majorité de professionnels et de politiques d’applaudir des deux mains !


Les actions qui auraient dû être entreprises ou réalisées plus tôt ?

I-1 :
Réunion des différente forces politiques intégrant le gouvernement sur la définition d’un projet de société.
Examen d’un statut propre découlant de ce projet et distinct de l’organisation administrative de la France
Suppression du mille feuilles pour donner place au plus à trois niveaux d’administration
Intégrer les cadres martiniquais dans les instances clés de décision du pays
Recentrer le rôle de l’Etat sur le territoire en réduisant les structures faisant double emplois.
Redéfinir les conditions d’adoption, de définition, et de mise en œuvre des outils de programmation.
Suspendre les différents projets de création de zones commerciales.
Procéder à un moratoire sur le déclassement des terrains agricoles.
Créer les conditions d’une affirmation de la production tournée vers la satisfaction du marché intérieur.
Instaurer des fiscalités spécifiques dédiés à l’environnement et à la consommation.
Développer le transport maritime grâce en autre une fiscalité perçue sur les carburants fossiles.

 

 


- PROSPECTIVE -

4. A votre avis, quels sont les principaux changements et inerties qui vont influencer ou caractériser la Martinique et son environnement au cours des vingt prochaines années ?

LA MARTINIQUE

Quels changements ?
Précisez la nature des changements (institutionnels, organisationnels, économiques, sociaux, technologiques,...)

La nouvelles orientations en matière de politique européenne aura une conséquence majeure sur la Martinique aujourd’hui enfermée dans une culture de fonds européens.
En outre l’horizon des APE et le positionnement nouveaux des pays caribéens influenceront fortement l’attractivité du territoire.

La Martinique devrait pouvoir affirmer son avantage tiré de son niveau de développement apparent dans le domaine de la santé, des TIC et de la formation de ses élites.

Elle devrait rompre avec l’organisation administrative actuelle qui ôte toute perspective d’un véritable leadership au niveau local


Quelles inerties ?
Précisez la nature des inerties (institutionnelles, organisationnelles, économiques, sociales, technologiques,...)

Le cadre institutionnel est résolument dépassé et nécessite dans les 5 -10 ans à venir un toilettage sauf à courir le risque d’une implosion sociale et économique.
Sur le plan économique, la réflexion devrait outre l’embauche prioritaire de martiniquais dans les fonctions publiques rechercher les voies d’une valorisation d’un savoir faire et un savoir être rompant avec la logique de consommation de goûts importés.

Repenser les rapports du martiniquais au travail en n’hésitant pas à engager des états généraux du travail et de l’insertion.


Dans le domaine de la sécurité et de la justice, revenir à une pénalisation plus ferme en prenant le risque de la co-responsabilité parentale accrue.


- L'ENVIRONNEMENT DE LA MARTINIQUE -


Quels changements ?
Précisez la nature des changements (institutionnels, organisationnels, économiques, sociaux, technologiques,...)

Trop d’élus. Trop de niveaux de décisions. Trop de déperdition d’énergie et de fonds publics.
En face reconsidérer le poids « politiques » des administrations déconcentrées et à l’instar de certaines collectivités, créer les contions d’une véritable expression démocratiques en donnant à l’élu la responsabilité de la conduite de la politique.


Quelles inerties ?
Précisez la nature des inerties (institutionnelles, organisationnelles, économiques, sociales, technologiques,...)

-


5. Parmi ces changements, ruptures ou inerties, quels sont, par ordre d’importance, les trois principaux qui vont les plus fortement affecter La Martinique ?

1) l’organisation administrative du territoire
trop d’échelons sur un si petit territoire où l’Etat intervient comme un échelon supplémentaire

2) les nouvelles donnes en matière de fonds structurels.
La logique de consommation qui semble prendre forme depuis quelques années devraient aiguiser une réflexion sur les choix d’investissements prioritaires.


3) l’absence d’un consensus politique
Cette situation résultera de la fin d’une génération de politiques et d’une surenchère issue de positionnement personnel d’individus sans véritable idéologie et populiste.


6. Comment La Martinique se prépare-t-elle face à ces principaux changements, ruptures ou inerties ?


La Martinique, sur les vingt dernière années, a géré au fil de l’eau. Les décisions importantes ont souvent été repoussé faute de consensus ou dictées par les pouvoirs économiques surpassant le politique.
Il est à parier, sauf événement majeur, que cette tendance à l’improvisation, dans le contexte institutionnel se poursuivra.